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PostcardLab : quand l’IA fabrique votre carte postale sur-mesure.

PostcardLab : quand l’IA fabrique votre carte postale sur-mesure.

Un temps chahutée par l’avènement du digital au détriment du papier, la carte postale n’en demeure pas moins un souvenir auxquels les touristes sont attachés ! Saviez-vous que c’est en 1876 que la carte postale a été inventée ? En 150 ans, cette petite missive cartonnée a assez peu évolué en tant que telle, même si ses formats ou son style ont muté vers des choses parfois plus modernes. Dans les Hauts-de-France, un entrepreneur a décidé de prendre le meilleur parti de l’Intelligence Artificielle Générative pour révolutionner la carte postale et proposer un souvenir personnalisable comme jamais : découvrez la solution PostcardLab.

Inspiration asiatique

Originaire de Montreuil-sur-mer, Victor Houdart est un jeune ingénieur diplômé de l’ICAM. Passionné par le continent asiatique, il décide d’y passer un congé sabbatique en compagnie de plusieurs amis. Là-bas, leur route les amène au Sri Lanka où ils découvrent, pour la première fois, des cartes postales totalement produites avec de l’Intelligence Artificielle Générative (IAG).

Carte postale du Sri Lanka, générée par IAG.

« Le résultat était assez qualitatif et plutôt bluffant » concède Victor. Passé cette découverte, une idée fait son chemin dans la tête de notre jeune ingénieur : Et s’il existait un marché en France pour des cartes postales générées par IA ? Au fur et à mesure de son voyage, cette idée murit dans l’esprit de Victor. Il ne souhaite pas recopier ce qu’il a vu, mais plutôt proposer un système à base d’une borne qui permettrait aux utilisateurs de se prendre directement en photo et de choisir leurs fonds de carte parmi une bibliothèque de contenus. Pas question de faire du prompt libre, Victor a à cœur de proposer une carte postale, certes 100% personnalisable, mais qui sont réalistes et qui ne trahissent pas les destinations touristiques.

De retour à Montreuil-sur-mer en octobre 2025, il s’attèle très vite à l’élaboration du prototype de sa borne. D’abord pensée avec des éléments en bois et des vis, il l’a fait évoluer vers un rendu plus moderne, en plastique recyclé issu d’une imprimante 3D et termine son premier modèle en janvier 2025. « C’était un défi technique, mais j’ai réussi à tout faire moi-même, pour un coût de production assez faible » détaille-t-il. PostcardLab est né.

Comment ça marche ?

Le fonctionnement de la solution est simplissime. Le visiteur se place devant la borne et le premier écran lui laisse le choix entre plusieurs options : Télécharger une photo depuis son téléphone, prendre une photo avec la borne ou faire une carte sans photo. « Je pense retirer cette dernière fonctionnalité car elle n’est que très peu utilisée » détaille Victor après plusieurs tests.

Une fois la photo prise par la borne ou téléchargée depuis le téléphone, le client choisit son fonds de carte postale, bien souvent un lieu emblématique de la destination dans laquelle se trouve la borne. « Le choix de lieux à mettre en avant se fait en co-construction avec le partenaire qui décide d’installer la borne. Pour un office de tourisme, cela lui permet favoriser les pépites de son territoire ou, à l’inverse, les endroits qui peuvent paraître sous-côtés » explique le jeune ingénieur.

Lorsque le lieu est choisi, l’utilisateur détermine alors le style graphique de sa carte postale : en aquarelle, en version bande-dessinée, en anime, etc. Le but étant d’avoir un produit joli et qui fait écho à des styles de cartes postales, sans proposer une pâle copie de la réalité où l’on pourrait croire que la photo semble réelle. Ici l’intention est claire : ce qui est représenté sur la carte postale n’est pas une photo de la destination mais bien une illustration.

Une fois toutes les options validées, l’utilisateur n’a plus qu’à payer et la carte s’imprimera, en respectant les mises en forme de carte postale, au verso.

Pour le lieu qui accueille le dispositif (office de tourisme, camping, hôtel, musée, parc d’attractions, etc.), les modalités sont également extrêmement simples. D’abord, la solution ne coûte rien : à travers une convention signée avec Post Card Lab, le lieu d’accueil récupère un certain pourcentage des revenus générés par la borne tandis que Victor s’occupe de l’installation et de la maintenance. Le lieu doit seulement veiller à remettre du papier imprimé lorsque celui-ci est épuisé.

En résumé, il s’agit d’un combo gagnant-gagnant qui a déjà fait des émules en Hauts-de-France !

Greetings from Hauts-de-France

C’est justement par la Région Hauts-de-France que Victor commence à prendre contact autour de lui. « J’avais vraiment envie de rentrer dans ma région d’origine, car d’une part, elle me manquait, et d’autre part, je pense que c’était plus judicieux de commencer à créer une bibliothèque de cartes à partir d’une région que je connaissais » explique-t-il.

Il pousse alors la porte de l’Office de Tourisme de Montreuil-sur-Mer en Côte d’Opale pour présenter sa solution aux équipes de l’OT et à son directeur, Maxime Berton. Rapidement, ce-dernier se positionne en faveur du projet. « Tout est réuni pour nous faciliter la vie » argumente-t-il. « Victor s’occupe de l’installation, de la maintenance, ça ne nous coûte rien, cela permet de garder le visiteur plus longtemps dans notre office et cela nous génère des revenus. On doit juste veiller à remettre du papier quand il faut » détaille le directeur de l’office.

Le dispositif PostcardLab tel qu’installé à l’office de tourisme de Montreuil-sur-mer

Parallèlement au déploiement de son dispositif à l’office de tourisme de Montreuil, Victor fait la rencontre de Charlotte Langrand, issue de la Communauté d’Agglomération des Deux Baies En Montreuillois (CA2BM), qui le met en relation avec Hauts-de-France Innovation Développement (HDFID), agence régionale d’innovation, qui identifie et oriente les projets innovants.

« Au regard de la solution et du marché auquel Victor s’adresse, il était assez évident d’en parler au programme Hauts-de-France Innovation Tourisme » précise Nuno Afonso, chef de projet territorial chez HDFID. C’est donc en février 2026 que Victor se fait accompagner dans le cadre du programme HIT.

« Ca a été un vrai accélérateur pour mon développement : j’ai pu avoir une connaissance plus fine du territoire, mieux cadrer les lieux d’implantation potentiels et l’accompagnement proposé par HIT ajoute une véritable crédibilité à ma solution quand je rencontre d’autres acteurs régionaux » reconnait Victor.

Après un premier atelier de benchmark de lieux potentiels en Hauts-de-France proposé dans le cadre de l’accompagnement avec HIT, Victor part à la conquête de la région.

« Maxime [de l’office de tourisme de Montreuil-sur-mer] m’a ouvert une belle opportunité en me faisant rencontrer Adrien Duflos, le directeur de l’OT de Berck-sur-Mer » explique le jeune ingénieur.

En effet, cette deuxième implantation intervint juste avant les Rencontres Internationales du Cerf-Volant de Berck, événement qui attire chaque année des milliers de visiteurs sur la station balnéaire. En recherche d’utilisateurs pour tester son dispositif, Victor ne pouvait rêver de meilleure occasion. « En 1 semaine, il y a eu plus de 300 cartes postales générées, avec un taux de conversion de 50% et aucun bug signalé sur la solution » se réjouit-il.

Le baptême de feu est passé, le prototype est validé : l’essaimage peut désormais commencer !

A travers une session de pitch-demo organisée par HIT, la solution est présentée à une dizaine d’acteurs de tourisme de la région, là où tout a commencé : à l’office de tourisme de Montreuil-sur-mer. « C’était une évidence de faire cette session de démonstration à l’office de tourisme de Montreuil. C’est ici que se trouve la première implantation et cela récompense également la prise de risque prise par les équipes de cet office de tourisme » explique Martin Vangaeveren, consultant chez HIT.

Après 30 minutes de pitch assuré par Victor et une démonstration réussie, le verdict tombe : les professionnels présents sont conquis.

« Le résultat est bluffant ! C’est fidèle au territoire, la prise en main est simple et c’est une vraie valeur ajoutée pour un lieu touristique « 

Une responsable communication d’un office de tourisme, présente sur place.
Un exemple de carte postale générée par PostcardLab. Saurez-vous reconnaître les trois professionnels de tourisme représentés ?

Suite à cette démo, les 7 bornes que Victor avait fabriquées ont été commercialisées. Mission accomplie !

Make Carte Postale Great Again

0 millions de cartes postales envoyées chaque année

Pour la suite, Victor se laisse d’abord la saison estivale 2026 avant d’envisager des plans sur la comète. « Il s’agit de ma première année d’exploitation, je veux voir comment le marché réagit, tester la résistance de mes bornes face à un usage intensif et faire un bilan réaliste » précise-t-il, pragmatique.

A terme, il estime pouvoir commercialiser seul 20 bornes (contre 7 aujourd’hui). « Au-delà, la question d’un recrutement se posera mais il est un peu tôt pour en décider » selon lui. Sur le reste de la saison 2026, après l’été, notre jeune ingénieur souhaite continuer sa démarche de test ; mais pour des lieux moins estivaux et qui fonctionnent toute l’année, avec toujours ce souhait, de rester concentré sur la région Hauts-de-France ou sur un périmètre de 3 heures autour de Lille. « Pour l’instant, je ne peux pas sous-traiter ma maintenance, donc géographiquement, je reste encore limité » détaille-t-il.

Sur la borne en elle-même, les idées fusent dans l’esprit de Victor :  ajout de LED, réduire le contre-jour sur certains lieux, animer le dispositif, améliorer l’aspect durable de la borne, … « A ce jour, le premier prototype répond bien aux usages mais je souhaite l’améliorer pour en faire un vrai objet visuel, adapté aux lieux qui l’accueillent » nous confie-t-il.

Enfin, sur l’aspect logiciel, la borne utilise actuellement l’API de Google Gemini pour générer les cartes postales. « A l’heure actuelle, c’est celui qui donne les meilleurs résultats » dit Victor, sans appel. Mais, conscient des enjeux de souveraineté numérique, il ne se ferme pas à l’utilisation d’une solution européenne, si un champion de l’IA arrive à rivaliser en termes de qualité.

« Réinventer LE souvenir symbolique des vacances n’était pas une mince affaire et Victor l’a pourtant brillamment réalisé. Au-delà de la qualité de l’objet pour les visiteurs, sa solution offre un réel complément de revenus aux lieux touristiques, avec une maintenance garantie et une mise en place logistique et administrative extrêmement simple. Une solution qui fera date dans le secteur du tourisme » conclut Martin Vangaeveren, consultant pour le programme Hauts-de-France Innovation et qui suit la solution depuis février 2026

Victor Houdart et son dispositif PostcardLab

La HIT Machine dans tout ça !